Besoin de calme ? Ce phare toscan est fait pour vous
Ce lieu de retraite unique, un phare reconverti en maison d’hôte, situé à l’extrémité sud de l’île du Giglio, dispose de son propre héliport. Néanmoins, pour le commun des mortels, c’est précisément l’idée d’entreprendre un pèlerinage vers cet endroit isolé qui lui donne du charme. Rendez-vous à la presqu’île de Monte Argentario et embarquez pour une heure de traversée sur les eaux turquoise de...

Ce lieu de retraite unique, un phare reconverti en maison d’hôte, situé à l’extrémité sud de l’île du Giglio, dispose de son propre héliport. Néanmoins, pour le commun des mortels, c’est précisément l’idée d’entreprendre un pèlerinage vers cet endroit isolé qui lui donne du charme. Rendez-vous à la presqu’île de Monte Argentario et embarquez pour une heure de traversée sur les eaux turquoise de la mer Tyrrhénienne dans le ferry allant de Porto Santo Stefano à Giglio Porto. Suivez la route côtière du sud-ouest de l’île jusqu’à ce qu’elle se transforme en un sentier de sable rouge menant à Punta di Capel Rosso. Vous devrez descendre une pente escarpée à travers la végétation pour atteindre votre but : un phare, dressé au sommet de falaises couleur terracotta, dont les rayures rouges et blanches attirent l’œil. Celui-ci est apparu dans le film italien de 2013, La Grande Bellezza. Ses faisceaux, si cinématographiques, peuvent être entrevus depuis les studios de cinéma de Cinecittà, qui se trouvent dans la capitale italienne, à près de 37 kilomètres de là.
LE DÉCOR
À presque une heure de la côte toscane, au nord-ouest de Rome, émergeant des eaux turquoise de la mer Tyrrhénienne, l’île du Giglio, paisible et verdoyante, mesure seulement huit kilomètres de long et près de cinq kilomètres de large. Pourvue de falaises littorales abruptes, elle est auto-suffisante depuis des siècles grâce à l’intérieur de ses terres montagneux, parsemé des vestiges des anciennes terrasses en pierre sèche qui divisaient autrefois l’île en parcelles de légumes, de céréales, d’oliviers et de vignes. Un réseau de sentiers muletiers de terre rouge sablonneuse sillonne le terrain rocheux, reliant les trois hameaux de l’île, au sein desquels vivent des communautés qui se nourrissent par tradition de la pêche au tramail, des filets équipés de flotteurs qui capturent toutes sortes de prises, des rouget-barbets aux daurades, en passant par les homards et les calamars.
De nos jours, l’île compte moins de pêcheurs et davantage de routes goudronnées. Quant aux sentiers rocailleux, ils sont empruntés par des adeptes de la randonnée plutôt que des ânes. Ils serpentent à travers des zones boisées protégées et de denses bosquets de chênes verts, de châtaigniers et d’oliviers, résolument enracinés aux falaises. Ils descendent vers de profondes criques renfermant des eaux cristallines qui attirent les personnes s’adonnant à la nage et au kayak, ainsi que des bateaux de plaisance et des groupes de cétacés de passage. Des phares semblables à des châteaux gardent le littoral accidenté et en grande partie encore sauvage qui, dans une poignée de baies isolées avec leurs demi-lunes de sable dont la couleur rappelle le soleil, s’ouvre sur le large.
LE PHARE
Le dernier des phares en activité de l’île du Giglio, édifice orné de rayures rouges et blanches situé à son extrémité sud, en grande partie inhabitée, fait également office de maison d’hôtes, l’une des plus insolites de Toscane. Construit en 1883, le phare de Capel Rosso est une forteresse de solitude de toute beauté, située sur l’un des promontoires d’une région boisée protégée. Ce lieu de retraite reculé est accessible à l’issue d’une randonnée de vingt minutes le long d’un sentier sablonneux, escarpé et jonché de rochers, sur lequel il est conseillé de n’emporter qu’un sac à dos en guise de bagage, ou par vol jusqu’à l’héliport situé à flanc de falaise. Le phare, partiellement transformé en une maison d’hôte, qui a ouvert ses portes en 2023, dispose d’un escalier fait de marches de granit qui descend vers de profondes criques isolées par des rochers, se frayant un chemin à travers des bosquets de figuiers de Barbarie et de broussailles méditerranéennes dégageant des effluves de thym serpolet et d’origan. Les eaux turquoise sont tout autant d’attraits ; plusieurs espèces de baleines et de dauphins viennent se nourrir au niveau de ce confluent, point de rencontre de deux courants marins.
L’été est la saison la plus animée sur cette île toscane. Toutefois, grâce à son microclimat chaud et sec, l’île du Giglio bénéficie d’un temps propice à la baignade jusqu’en novembre. La haute saison pour la navigation de plaisance, la voile et la plongée s’étend de mai à septembre. La plupart des activités peuvent être réservées depuis le petit quai du phare. Randonner sur le réseau de sentiers de l’île, qui partent depuis le seuil même de la porte, est plus agréable en demi-saison, tout en sachant qu’au mois d’octobre a lieu la récolte des olives. Depuis quelques années, le producteur local Olio Goffo rafraîchit les oliveraies centenaires de l’île du Giglio qui avaient envahi les flancs de coteau. L’entreprise organise des dégustations de son huile d’olive vierge extra fruité vert, riche en goût, sur un site surplombant la plage de Giglio Campese, au nord-ouest.
LE SÉJOUR
Cet édifice de style Wes Anderson offre une intimité qui envoûtera vos sens. Les quatre espaces qui logeaient les familles des gardiens jusqu’à l’automatisation du phare dans les années 1980 sont aujourd’hui transformés en vastes suites disposant de baignoires sur pieds. Depuis le lit, les fenêtres encadrant la mer et le ciel donnent l’impression d’avoir pris le large. Des équipements de navigation ont été convertis de manière ingénieuse en lampes et en tables. Le tout est agrémenté d’œuvres d’art locales, notamment des suspensions en bronze ressemblant à des méduses, de l’artiste florentin Matteo Pierozzi, qui diffusent la lumière comme des rayons du soleil sur la surface de l’eau.
Davide et Carla Moglie, les charmants hôtes de la maison, organisent des petits déjeuners en toute simplicité et des dîners faits maison à partager avec les autres convives. Ils peuvent également préparer des pique-niques sur demande. Dans ce lieu paisible, les journées sont consacrées à la randonnée, à la baignade et à la contemplation de la grande bleue, jusqu’à ce que le phare s’anime au crépuscule, projetant ses faisceaux réguliers à travers la nuit. Avec une portée de 37 kilomètres, ceux-ci sont visibles depuis Rome. La pollution lumineuse est presque nulle sur le reste de l’île. À la faveur de ces conditions, observer les étoiles depuis la terrasse sur le toit, juste en dessous du lent stroboscope de l’optique tournante, prend une dimension presque cinématographique.